Comment se déroule l’intervention ?

L’hospitalisation se fait quelques jours avant l’intervention en fonction de l’état respiratoire et nutritionnel du patient avec une durée prévue de 15 jours à trois semaines après l’opération avant un retour à domicile ou en maison de convalescence. L’intervention est réalisée sous anesthésie générale par une laparotomie complétée ou non par une thoracotomie droite le plus souvent. En cas de voie d’abord coelioscopique, le patient aura été averti de la possibilité, en cas de problème rencontré pendant l’intervention, de conversion en chirurgie traditionnelle, c’est-à-dire de devoir ouvrir plus grand la cavité abdominale et thoracique. En cas de thoracotomie, le patient est installé sur le côté (en décubitus latéral). La thoracotomie est l’ouverture du thorax qui permet le geste chirurgical. L’incision est quasi horizontale, sur le côté et l’arrière du thorax sous la pointe de l’omoplate, on passe entre les côtes pour réaliser l’exérèse de la partie malade de l’œsophage associée à un curage ganglionnaire. Une incision cervicale, sur le côté gauche du cou généralement, peut éventuellement y être associée. En fin d’intervention, un ou deux drains aspiratifs sont laissés en place, reliés à une valise qui récupère les sécrétions et régule le niveau d’aspiration, puis la peau est refermée par des agrafes. Dès la fin de l’intervention qui dure en moyenne de 2 à 3h selon le geste, le patient est transféré en salle de réveil où il restera jusqu’à récupération complète de son autonomie. La douleur est gérée en post-opératoire par le médecin anesthésiste en collaboration avec le chirurgien. Il s’agit généralement d’une chirurgie qui peut être assez douloureuse mais l’arsenal thérapeutique est suffisamment adapté pour pouvoir soulager la douleur de manière satisfaisante (péridurale thoracique, pompe à morphine, blocs locaux,..).

L’alimentation sera reprise progressivement dans les jours qui suivent l’intervention. Le premier lever intervient dès le lendemain de l’intervention ainsi que les séances de kinésithérapie respiratoire. Les drains mis en place sont reliés à un système de valise elle-même reliée à une prise de vide murale permettant de contrôler l’aspiration, leur ablation est généralement effectuée au bout de 4 à 6 jours dans la plupart des cas. Ce système de drain et de valise n’empêche pas la mobilité dans la chambre dès le premier jour post-opératoire. Une prise en charge par des kinésithérapeutes spécialisés sera instaurée durant la période d’hospitalisation. La sortie survient entre le quinzième et vingt et unième jour post-opératoire. Une maison de convalescence peut être nécessaire en cas de personne seule, sans entourage  ou en cas de nécessité médicale particulière. La peau de la cicatrice est refermée avec des agrafes qui seront enlevées au 12ème jour post-opératoire. Les cicatrices sont laissées rapidement à l’air libre sans pansement. Lorsque la cicatrisation est complète, des massages locaux peuvent améliorer le résultat esthétique.

Les douleurs post-opératoires sont généralement gérées initialement par de multiples traitements (morphine, péridurale thoracique,…). Elles s’estompent progressivement. Il persiste généralement les douleurs intercostales irradiant en avant sous le sein du côté de l’opération mais elles peuvent être contrôlées par des antalgiques simples de palier I (paracétamol) ou de palier II (Efferalgan® codéïné, Diantalvic®, …). En cas d’inefficacité de ces traitements, des traitements antalgiques spécifiques contre ces douleurs intercostales peuvent être associés (Lyrica®, Tegretol®…). Toutes les ordonnances vous seront remises avant votre sortie, ainsi qu’une recommandation pour revoir votre chirurgien en consultation à 1 mois avec une radiographie de contrôle. Il faudra également revoir votre oncologue dans les 4 semaines après l’intervention en cas de nécessité de traitement médical complémentaire à la chirurgie.