Questions fréquentes

Peut-on effectuer toutes les opérations sur le pancréas par coelioscopie ?

Non, toutes certainement pas. La plupart des interventions se font par laparotomie pour différentes raisons. Par exemple, pour la DPC, la pièce opératoire (ce qu’on enlève) mesure 20cm de diamètre, une intervention par des mini-incisions n’aura donc que peu d’intérêt puisqu’il faudra « ouvrir en grand » pour sortir le pancréas à la fin de l’intervention. Cependant, pour certains cas choisis, la cœlioscopie est une très bonne option en particulier pour certaines énucléations pancréatiques ou pancréatectomies gauches avec conservation splénique pour des tumeurs bénignes ou malignes à faible agressivité.

Peut-on être opéré par coelioscopie et sous anesthésie locale ?

Non, une anesthésie générale s’impose.

La duodénopancréatectomie céphalique (intervention de Whipple) est-elle une intervention risquée ?

Oui et non. Il est vrai que la liste des complications possibles n’est pas limitative mais il est important de comprendre qu’un des objectifs de la consultation pré-opératoire est de permettre à votre chirurgien de mettre en balance les risques que vous prendriez en n’étant pas opéré avec les risques inhérents à une intervention. Si une indication opératoire a été retenue, à contrario de la chirurgie esthétique, c’est très vraisemblablement qu’il y aurait plus de risques à surseoir à une intervention. De plus, les études récentes Nord-Américaines ont mises en évidence une baisse très significative de la mortalité péri-opératoire à moins de 5% dans les centres entraînés à la prise en charge de cette chirurgie lourde contre allant 15 à 20% pour des centres ne pratiquant qu’occasionnellement cette chirurgie.

La duodénopancréatectomie céphalique (intervention de Whipple) va-t-elle améliorer ma survie ?

Oui, clairement. En fait, pour des tumeurs bénignes ou malignes à faible agressivité le problème peut être définitivement réglé par une chirurgie bien faite. Pour des tumeurs agressives comme l’adénocarcinome du pancréas, les études montrent qu’on passe d’un taux de survie à 5 ans de 5% en cas de tumeur laissée en place à un taux de 20% en cas d’exérèse chirurgicale complète allant jusqu’à 40% pour les adénocarcinomes pancréatiques sans extension ganglionnaire. Notez bien que ces taux bruts restent des statistiques qui ne s’appliquent pas à l’échelle individuelle et que ces taux sont améliorés par la chimiothérapie très souvent associée à la chirurgie de l’adénocarcinome pancréatique.

Aurais-je un traitement complémentaire après une duodénopancréatectomie céphalique (DPC) ?

En fait, cela ne dépend pas de l’intervention en elle-même mais de l’agressivité de la tumeur qui a motivé la réalisation de cette opération. Une DPC pour une tumeur bénigne ou maligne à faible agressivité réglera le problème définitivement. Par contre, une DPC pour un adénocarcinome exocrine du pancréas sera volontiers suivi de chimiothérapie adjuvante pendant 6 mois. La chimiothérapie ne sera décidée qu’au vue des résultats de l’analyse au microscope (analyse anatomopathologique) de la pièce opératoire et débutera au mieux dans les 6 semaines qui suivent la chirurgie. Actuellement, les protocoles couramment proposés sont une chimiothérapie une fois par semaine, 3 semaines sur 4 par voie intraveineuse pendant une durée de 6 mois. La radiothérapie ne sera discutée que s’il reste de la tumeur en place en fin d’intervention.

Vais-je devenir diabétique après une intervention sur le pancréas?

En cas de pancréatectomie totale, c’est à dire l’ablation de la totalité de la glande, la réponse est oui mais cette intervention est très exceptionnellement réalisée. Pour des interventions plus courantes comme la duodénopancréatectomie cephalique, les pancréatectomies ou splénopancréatectomies gauches, le parenchyme pancréatique restant est le plus souvent suffisant pour produire de l’insuline et les patients ne seront donc pas diabétiques. Il est cependant vrai que dans la période faisant immédiatement suite à l’intervention, les nombreuses perfusions perturbent la glycémie et il est fréquent de devoir utiliser de l’insuline pendant quelques jours sans que cela n’implique que le patient reste diabétique.

Que puis-je manger après une intervention pancréatique ?

La plupart du temps, il n’y aura pas de restriction après la période d’hospitalisation car la quantité de pancréas restant sera suffisante pour qu’il n’y ait pas d’insuffisance pancréatique.

Ma qualité de vie va t-elle changée après une intervention sur le pancréas ?

Il s’agit fréquemment d’une intervention lourde qui va perturber le patient pendant 2 à 3 mois, en particulier en terme de fatigue, avant de pouvoir reprendre une vie tout à fait normale sans aucune restriction.