Questions fréquentes

Pourquoi faire l'exérèse chirurgicale des lésions résiduelles ?

La prise en charge des tumeurs non séminomateuses associe orchidectomie et chimiothérapie. Si des lésions ganglionnaires existaient lors du diagnostic, il est possible qu’il soit nécessaire d’effectuer une chirurgie pour les enlever (curage ganglionnaire). La chirurgie de masse résiduelle est nécessaire car il n’y a actuellement aucun examen qui permette de faire la distinction entre une cicatrise stérile (60%), un tératome (35%) et des lésions cancéreuses vivaces (moins de 5%).

Qu'est ce qu'un tératome ?

Le tératome est une tumeur composée de cellules germinales pluripotentes. En fonction de la différenciation de ces cellules, le tératome est mature (bénin) ou immature (malin). Ces cellules sont très souvent présentes lors du diagnostic initial, mais c’est souvent au terme de la chimiothérapie que l’on rencontre ces cellules. C’est une forme de guérison liée à la transformation de la tumeur indifférenciée en tumeur différenciée sous l’effet de la chimiothérapie. Mais on sait que, comme toute tumeur bénigne, ce tératome peut grossir et devenir compressif et inopérable (growing teratoma). Il faut donc envisager une chirurgie des masses résiduelles après chimiothérapie.

Quels résultats, quelle surveillance, quelles conséquences ?

La séquence de traitement des stades II et III par chimiothérapie et chirurgie d’exérèse des lésions résiduelles permet de guérir plus de 95 % des formes de bons pronostics et 70 % des formes de mauvais pronostic. La surveillance comporte deux aspects : l’examen clinique, radiographie du thorax et marqueurs tumoraux d’une part, scanner abdomino-pelvien et éventuellement d’autre part. Le risque de rechute est de 5 à 10 % et impose un traitement de rattrapage.

Vais-je être impuissant après l'intervention ?

Non, l’exérèse d’un testicule ne modifie pas l’érection, ni l’éjaculation ; par contre en cas d’exérèse des deux testicules, il faudra compenser le manque de testostérone par des injections régulières. En cas de curage lomboaortique, il n’y a aucun trouble de l’érection.

Vais-je être stérile après l'intervention ?

Différents facteurs peuvent être à l’origine d’une stérilité chez l’homme atteint d’un cancer du testicule. Cette stérilité, si elle existe, peut être liée à une azoospermie (déficit du sperme en spermatozoïde), à une anéjaculation, à des troubles hormonaux. L’atteinte testiculaire due au cancer, la chimiothérapie, la chirurgie, le stress… sont des causes fréquentes de stérilité.
Il n’y aura pas de troubles de l’érection par contre il peut exister des troubles de l’éjaculation liée à l’irritation des nerfs lors de l’intervention. C’est une des raisons qui impose une préservation du sperme en préopératoire en vue de préserver la fécondité du patient (CECOS).

Vais-je être mutilé physiquement après l'intervention ?

Lors de la  phase initiale de la prise en charge d’une tumeur du testicule, il y aura une ablation du testicule malade. Cette intervention s’appelle une orchidectomie, elle est effectuée par une voie inguinale, c’est-à-dire au pli de l’aine. Il existe des prothèses qui permettent de remplacer le testicule dans la bourse, ces prothèses sont de taille différente et sont adaptées à la taille du testicule retiré. Cette prothèse peut être positionnée lors de l’ablation, mais le plus souvent il est souhaitable d’effectuer ce remplacement à distance, ceci afin d’éviter une surinfection sous chimiothérapie.

Quelle est la surveillance ?

La surveillance comportera :
– un examen clinique, une prise de sang  (dosage des marqueurs) :
tous les mois la 1ère année,
tous les deux mois la 2ème année,
tous les trois mois les années 3, 4, 5 puis tous les ans
– un scanner thoraco-abdomino-pelvien :
tous les trois mois la 1ère année,
tous les 4 mois la 2ème année,
tous les 6 mois les années 3, 4, 5  puis tous les ans

Quelles sont les différences entre érection, éjaculation et fertilité ?

L’érection
Hors cas particuliers, il n’y a pas de trouble de l’érection parce que l’autre testicule produit les hormones mâles nécessaires et les chirurgies (orchidectomie ou curage lomboaortiques) ne touchent pas les nerfs responsables de l’érection.
Dans des cas particuliers (testicule unique ou atrophique, atteinte bilatérale) un traitement hormonal substitutif est nécessaire.

L’éjaculation rétrograde
L’atteinte de certains nerfs entraine une disparition de l’éjaculation. Il n’y a aucune diminution de la libido (désir), de l’erection ou du plaisir (orgasme) mais il n’y a plus de sperme émis.
Elle est liée à l’extension de la chirurgie des ganglions rétropéritonéaux, Très fréquente en cas de curage bilatéral, elle se  doit d’être moins fréquente en cas de curage unilatéral. Elle peut être spontanément réversible au cours de la première année qui suit le curage mais souvent elle est définitive et source de fertilité..

La fertilité
La fertilité peut etre affecté durant la prise en charge de la maladie, elle est plurifactorielle. Il y a souvent une diminution du nombre de spermatozoides chez les patients porteurs d’un cancer du testicule, puis le choc psychologique, le la chimiothérapie, le curage lomboaortique peuvent aggraver les troubles de la fertilité. C’est pour cela que la conservation du sperme s’impose.
Par ailleurs on conseille au vue des études sur l’animal qu’il n’y ait pas de conception pendant une durée d’environ un an (risque éventuellement tératogène de la chimiothérapie)