Surveillance après traitement du cancer

La surveillance commence dès le début de la prise en charge. Initialement, la surveillance permet de connaître l’efficacité des traitements (marqueurs, Pet-scan, poids, …), de mieux coordonner les différents traitements (chimiothérapie, chirurgie…) et de dépister les principales complications observées avec le traitement.  Enfin la surveillance doit prévenir les séquelles tardives grâce à des mesures adaptées et précoces. Après le traitement immédiat, la surveillance permet de connaître l’efficacité à long terme des traitements conduits, elle permet de dépister les complications chroniques.

Surtout la surveillance se doit de diagnostiquer le plus rapidement possible les rechutes cancéreuses (rechute = récidive). Cela vaut si un traitement de la rechute est possible et efficace.

De façon plus générale, la surveillance est intéressante pour connaître les résultats thérapeutiques des différents traitements, soit dans le cadre des traitements standards (amélioration des techniques, meilleures connaissances des médecins, vérification continue de la qualité des différentes thérapeutiques appliquées), soit dans le cadre des essais thérapeutiques.

Qu’est ce qu’est une rechute, une récidive ?
La rechute ou récidive est la réapparition de cellules tumorales dans le corps. Cette récidive tumorale est souvent lente et il faut plusieurs semaines à plusieurs mois avant que des symptômes soient présents. La récidive cancéreuse passe par plusieurs stades :

Un stade microscopique
, où rien ne peut s’observer sauf on fait des examens microscopiques systématiques. Aucun examen simple ne permet de détecter une telle rechute.
Par exemple : un frottis du fond vaginal (surveillance d’un cancer du col au stade précoce), des biopsies multiples du péritoine (cancer de l’ovaire).

Un stade préclinique : absence de signe  clinique, voire de signe radiologique mais augmentation des marqueurs
Par exemple : surveillance des marqueurs par une prise de sang (Ca 125 et cancer de l’ovaire ; ACE et cancer colique).

Un stade clinique macroscopique mais asymptomatique, où l’examen clinique et/ou paraclinique systématique permet de faire le diagnostic de récidive.

Par exemple : touchers pelviens (cancer gynécologique et rectum). Imagerie de surveillance (scanner…)

Un stade clinique symptomatique, ou le patient consulte pour des symptômes. (douleurs, perte de poids, sang…)

La recherche d’une récidive n’a de sens si un traitement peut être proposé au patient que ce traitement soit curatif ou symptomatique. Le rythme de surveillance s’adapte au patient, au type de pathologie, à son stade.

Qui me surveille ?

Les différents acteurs de la prise en charge doivent participer à la surveillance. Le médecin traitant, le chirurgien, le cancérologue ou le spécialiste d’organe (gastroentérologue, pneumologue…) et le radiothérapeute. En fonction de la pathologie, du stade et des traitements subis, le nombre de praticien peut être différent, mais cette surveillance doit être partagée à tour de rôle pour éviter les rendez-vous inutiles.
Par exemple pour le patient ayant eu un cancer du colon opéré suivi d’une chimiothérapie adjuvante, la surveillance se fera la première année avec une visite au médecin traitant à 3 et 9 mois, au cancérologue à 6 mois et au chirurgien digestif à 12 mois

Comment se fait la surveillance ?

Les modalités de la surveillance s’adaptent au type de tumeur, à l’âge du patient et aux traitements subis. La surveillance est avant tout clinique, le médecin surveillera le poids, l’apparition de symptômes (douleurs…), il examine le patient pour rechercher des ganglions, de saignements…La surveillance peut être aussi biologique (prise de sang) en cherchant par exemple une anémie, des troubles hépatiques et les marqueurs (PSA, ACE, CA125…)

Des examens complémentaires peuvent aussi aider à la surveillance comme le scanner thoraco-abdomino-pelvien.
Par exemple la coloscopie après la chirurgie du cancer colique cherche à la fois des récidives sur le site opératoire mais aussi participe au dépistage d’un nouveau cancer colique.


A quel rythme se fait la surveillance ?

Le rythme et la durée de la surveillance s’adapte au cancer traité et surveillé. A la fin de la séquence thérapeutique, le médecin doit vous informer des modalités, du rythme et des examens utiles pour la surveillance.

Pour certains cancers, un calendrier de surveillance a été validé par les sociétés savantes (cancer du colon, du testicule, du sein…), pour d’autres le calendrier s’adaptera à chaque patient.

Par exemple, le patient opéré d’un cancer colique sans chimiothérapie aura le rythme de surveillance suivant :